Critique : Kaboom, c’est beau, c’est drôle, c’est fou

Après la trilogie de l’apocalypse adolescente (Totally F***ed Up, The Doom Generation, Nowhere), le superbe (mais archi-glauque) Mysterious Skin et l’incroyable Smiley Face (jusqu’à maintenant le meilleur rôle d’Anna Faris), Gregg Araki revient cette semaine avec Kaboom, chronique estudiantine sur fond de mystère et de rêves prémonitoires.

La première image du film est typique. Teintes chatoyantes, esthétisme extrême, musique planante. Kaboom est d’abord un très beau film. On voit qu’Araki aime ses personnages, constamment magnifiés par la mise en scène, les couleurs, l’ambiance sonore. Tous ces éléments participent à une ambiance générale du film singulière et fascinante. Les nombreuses scènes de sexe par exemple, tout en étant plutôt crues, ont une sorte de puissance esthétique assez inouïe, qui leur donne un côté beau et sensuel, calme et tendre.

Ensuite Kaboom est un film drôle. Des personnages plaisant et/ou idiots (le coloc surfeur en tête), des répliques cinglantes (surtout chez les filles), des situations typiquement arakiennes ; on n’est parfois pas si loin de l’esprit de son précédent film (Smiley Face), comédie débile à souhait mais fourmillant d’idées de mise en scène la rendant absolument exquise.

Enfin Kaboom est aussi et surtout un film ambitieux. D’un point de départ pas très éloigné des Lois de l’Attraction de Brett Easton Ellis (et de son adaptation cinématographique plutôt réussie), Araki parvient à ajouter à son film une couche de thriller voire de film d’épouvante dans certaines scènes. On ne sait jamais très bien sur quel pied danser jusqu’à la toute fin du film, ferme et définitive. On sort alors du film secoué, perplexe, et pourtant, tout est cohérent, et le plaisir n’en est que meilleur au second visionnage (oui retournez-y).

En ajoutant à toutes ces qualités – 1. une musique omniprésente, éclectique, constituée aussi bien de morceaux de groupes pop obscurs ou reconnus que de compositions originales de Robin Guthrie (des Cocteau Twins) et Videk Maddala, 2. des acteurs parfaits, notamment Juno Temple, pour qui je réclame dès maintenant l’Oscar 2010 de la meilleure actrice, on peut donc clairement considérer que Kaboom fait partie des 10 meilleurs films de l’année.

2 commentaires sur “Critique : Kaboom, c’est beau, c’est drôle, c’est fou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>